1, 2, 3, 4, 5, 6, augmenter, recommencer, compter, diminuer, mettre des yeux, déplacer l'anneau marqueur.

Ou comment ces petits gestes de notre quotidien, nous, crocheteuses ou tricoteuses, sont une vraie thérapie.

Voilà trois mois que ma forme physique ne me permet pas de m'approcher de la machine à coudre. Oh non, ce n'est pas très grave. Bon, j'ai certes eu des effets secondaires imprévus, deux hospitalisations et je vous passe les détails croustillants puisque là n'est pas vraiment le sujet. Mais ce n'est pas très grave.

Voilà trois mois que je ne suis pas allée travailler. Rester sept heures debout dans une salle de bloc opératoire m'est impossible. Mais ce n'est malgré tout pas grave.

C'est seulement qu'il arrive un moment où la diminution des capacités physiques habituelles te pèse gravement sur le ciboulot.

Pendant un bon mois, même crocheter ne m'était pas possible. J'ai passé mes journées comme une larve devant la télé. Je n'ai pu recommencer à crocheter que lorsque j'ai retrouvé ma préhension un peu plus fine et que ces tremblements irréguliers ont disparu, et cette fièvre, surtout, cette fièvre.

Pourquoi ce billet ici? C'est vrai après tout, c'est personnel quand même, la maladie.

Parce que si tu passes par ici, c'est que tu aimes de près ou de loin la couture, le crochet ou ce genre d'activité s'en approchant.

Parce que je voulais te raconter comme tout ça me sauve de la déprime. Je sens sa limite tout proche.

Compter, 1, 2, 3, 4, 5, 6, recommencer, chercher des modèles, chercher les laines, augmenter, diminuer, décider de la place des yeux, se (re)mettre sérieusement au tricot, apprécier de voir diminuer son stock de laine.

Tu veux que je te dise? Ca me fait tout oublier. Tout. Je ne pense à rien quand je suis là dedans. Je crois sérieusement au pouvoir addictif de ces comptes qui reviennent sans cesse. J'en viens même à oublier de mettre l'anneau marqueur, pour être obligée de compter. Obligée de penser à rien d'autre. Peut-être devrait-on envisager d'apprendre le crochet aux gens malades dans les hôpitaux? Mais ce n'est pas grave. Et je le pense sincèrement. C'est juste qu'au bout d'un moment, tu craques. Mais ça va quand même, hein, t'en fais pas! Je vois un rayon de lumière au bout du tunnel que je viens de traverser!...

Et puis, comme je n'ai rien à te montrer, je te ressors des vieilles choses! Tu auras sans doute compris que les derniers posts couture ont été un peu falsifiés! Coutures et photos avaient été prises avant tout ces histoires!

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Mitaines en laine Louisa Harding de La bricolerie - un bonheur de laine, un vrai de vrai bonheur - vu le prix, remarque, ça peut!

Sac fleur - vieux modèle Phildar - en coton Rico de chez Bulluberlue

Bon, c'est pas si vieux que ça, puisque ces petites choses ont été offertes à Noël!

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