C'est une date que je n'oublierai jamais, que je n'arrive pas à oublier.

Coincée entre les joies et bonheurs de Noël, et les projets se dessinant à la vue de la nouvelle année approchant.

Je me souviendrai toujours de ces moments il y a un an, où nous avons fait comme si nous étions heureux de fêter Noël dans cette minsucule chambre surchauffée du CHU. Ces moments où nous avons fait semblant de ne pas voir la mort qui frappait à cette porte, les absences de plus en plus répétées, les douleurs de plus en plus prononcées, les nouvelles si mauvaises. Je me souviendrai aussi du téléphone allumé nuit et jour sur la table de chevet, de ce coup de fil de ma maman, tôt le matin, de ce trajet interminable pour les rejoindre. Puis de notre arrivée, trop tard, de ma soeur et moi. Je voulais tellement être là pour le dernier souffle....

Cette année, nous avons fêté Noël comme nous le faisions avant. Mais il n'était pas là. Ses blagues, son enthousiasme inconditionnel pour les cadeaux reçus, son plaisir de partager un bon repas... Mes larmes devant les photos, durant l'écriture de ce post. Mes presque larmes, retenues de toutes mes forces, lorsque j'ai lu le mot de ma maman offert ce 24 décembre.

Le deuil, c'est long.

Je veux profiter de ce post pour remercier tous ceux qui ont été présents durant ces épreuves, certains les liront, d'autres sans doute pas. Ma famille, mais je n'en dirai pas plus. Ses amis à lui, notre famille d'adoption. Ce personnel hospitalier, à qui je m'étais promis d'écrire, je ne l'ai toujours pas fait, qui m'a fait me rappeler pourquoi j'ai choisi ce métier: d'une gentillesse, d'une humanité que je n'oublierai jamais. Cette amie qui a fait l'aller-retour dans la journée de Bretagne. Toutes ces personnes qui ont rempli, fait déborder la salle du crématorium. Mes collègues de l'époque qui m'ont laissé du temps. Tous mes amis proches qui se reconnaîtront. Ces amis qui m'ont presque forcée à venir le 31 et qui m'ont fait du bien. Tous vos messages à vous, ici ou autrement. Et j'en oublie, c'est sûr....

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Sa passion à lui, c'était la musique - Crédit photo Edwige de Nac